Absences et congés personnels

Grève des transports : retard au travail, absence et retenue sur salaire

Illustration d’un retard au travail causé par une grève des transports

Une grève de métro, de RER, de train ou de bus peut rendre un trajet beaucoup plus long, voire empêcher complètement de rejoindre son lieu de travail. Le salarié ne doit pas pour autant disparaître sans prévenir : la première protection consiste à informer rapidement l’employeur et à pouvoir justifier la difficulté rencontrée.

Service-Public indique qu’un salarié retardé ou empêché de venir en raison d’une grève des transports ne peut pas être sanctionné s’il prévient son employeur et justifie son impossibilité de se rendre au travail. Cela ne signifie cependant pas que le salaire est automatiquement maintenu.

Prévenir l’employeur dès que le retard devient prévisible

L’information peut être transmise par téléphone, SMS, messagerie professionnelle ou tout autre moyen adapté. L’essentiel est de prévenir suffisamment tôt pour que l’entreprise puisse s’organiser et de conserver, autant que possible, une trace du message envoyé.

Le justificatif peut notamment être une attestation délivrée par l’entreprise de transport. Une capture de l’application officielle, un bulletin d’information du transporteur ou un relevé d’incident peuvent aussi être utiles pour documenter la situation, même si le document le plus solide reste celui émis par le transporteur.

L’employeur peut-il sanctionner un salarié en retard à cause d’une grève ?

Service-Public répond non lorsque le salarié a prévenu son employeur et justifie son impossibilité de rejoindre son poste. La difficulté de transport ne doit toutefois pas être utilisée comme prétexte lorsqu’un autre trajet raisonnable était effectivement possible sans difficulté particulière.

En cas de désaccord, il faut donc conserver les horaires habituels, les informations de trafic, l’heure à laquelle l’employeur a été prévenu et, si possible, les solutions alternatives réellement disponibles ce jour-là.

Le salaire est-il maintenu pendant le retard ?

En principe, le temps non travaillé n’est pas rémunéré. La retenue effectuée par l’employeur doit toutefois être strictement proportionnelle à la durée de l’absence. Un retard de vingt minutes ne permet donc pas de retirer arbitrairement une heure ou une demi-journée de salaire.

Une convention collective, un accord d’entreprise ou une règle interne plus favorable peut prévoir le maintien de la rémunération. Il faut donc vérifier le texte applicable avant de considérer toute retenue comme définitive.

Le télétravail est-il obligatoire en cas de grève des transports ?

Non. Service-Public précise que le télétravail peut être mis en place sur simple accord entre l’employeur et le salarié lorsque les fonctions le permettent. L’accord peut être oral, même si un écrit est préférable pour éviter les malentendus.

L’employeur ne peut pas imposer automatiquement le télétravail au salarié pour une journée de grève. À l’inverse, il n’est pas non plus obligé d’accepter la demande du salarié. Lorsque celui-ci télétravaille déjà un autre jour de la semaine, déplacer exceptionnellement cette journée suppose également un accord.

Peut-on poser un RTT ou un congé payé ?

Oui, mais là encore avec l’accord nécessaire selon les règles applicables dans l’entreprise. Service-Public cite notamment la possibilité de prendre un jour de congé payé ou un jour de RTT lorsque le télétravail n’est pas possible.

Il ne faut pas confondre cette solution négociée avec un droit unilatéral à transformer toute grève de transport en jour de congé. Les règles ordinaires de prise des congés et des RTT continuent de s’appliquer.

L’employeur peut-il demander de récupérer les heures ?

Service-Public indique que les heures non effectuées le jour de la grève peuvent être récupérées sur un autre jour de la semaine, sauf notamment lorsque les horaires de travail sont précisément fixés dans le contrat de travail. Il faut alors vérifier l’organisation retenue et les limites de durée du travail.

Si l’employeur modifie oralement le planning pour récupérer les heures, la fiche sur le changement d’horaires annoncé oralement explique comment conserver une trace utile. Si une solution de travail à distance est envisagée, la fiche sur le télétravail depuis un autre domicile permet de vérifier les règles liées au lieu choisi.

Peut-on partir plus tôt pour éviter la grève du soir ?

Seulement avec l’accord de l’employeur. Un salarié qui quitte son poste de sa propre initiative avant la fin de sa journée prend un risque différent de celui du salarié empêché d’arriver le matin.

La meilleure démarche consiste donc à signaler la difficulté prévisible, proposer une solution concrète — télétravail, modification ponctuelle des horaires, RTT, congé — et obtenir un accord avant de modifier soi-même son horaire.

Sources officielles