Calcul de l’allocation chômage : de quoi dépend le montant
Conditions d'affiliation, salaire journalier de référence, formule de l'allocation, plancher et plafond : ce qui détermine réellement le montant.

La question en pratique. Deux salariés licenciés le même jour, avec le même salaire, peuvent percevoir des allocations très différentes. Tout tient à trois paramètres : ce qui entre dans le salaire de référence, la formule retenue, et la date à laquelle le versement commence réellement.
La condition d’entrée : avoir assez travaillé
L’ouverture d’un droit suppose en principe 130 jours travaillés ou 910 heures, soit environ six mois, au cours des 24 derniers mois précédant la fin du contrat. Cette période de référence est portée à 36 mois pour les personnes âgées de 55 ans et plus. Depuis le 1er avril 2026, une condition assouplie existe pour les personnes qui n’ont jamais eu de droit ARE ouvert, ou aucun depuis au moins 20 ans : 108 jours travaillés ou 758 heures, soit environ cinq mois, peuvent suffire lorsque la fin du contrat intervient à compter de cette date. En cas de licenciement, France Travail précise que la procédure de licenciement doit également avoir été engagée à compter du 1er avril 2026. Les salariés saisonniers bénéficient par ailleurs d’un seuil de 108 jours ou 758 heures selon les règles propres à leurs contrats. Le décompte s’apprécie en jours travaillés, pas en jours calendaires. Les périodes issues de plusieurs employeurs se cumulent, ce qui permet souvent d’atteindre le seuil quand un seul contrat n’y suffirait pas. Il faut par ailleurs être inscrit comme demandeur d’emploi, résider en France, être apte physiquement et rechercher effectivement un emploi. L’inscription doit intervenir dans un délai de douze mois après la fin du contrat, délai qui peut être allongé dans certaines situations.Le salaire journalier de référence
C’est la pièce maîtresse du calcul, et celle que les salariés vérifient le moins. Le salaire journalier de référence se calcule en divisant la somme des rémunérations perçues pendant la période de référence par le nombre de jours de cette période. Entrent dans le total les salaires bruts soumis à cotisations : salaire de base, primes, part variable, treizième mois. N’y entrent pas les sommes qui ne rémunèrent pas le travail : indemnité compensatrice de congés payés, indemnité de licenciement, indemnité de préavis non exécuté, remboursements de frais professionnels. Une indemnité de rupture élevée n’augmente donc pas l’allocation — elle produit un effet inverse, en repoussant le début du versement. Le point de vigilance le plus fréquent concerne les périodes non travaillées comprises dans la période de référence : arrêts de travail, congés sans solde, temps partiel thérapeutique. Elles pèsent sur le diviseur et abaissent mécaniquement le salaire de référence, ce qui justifie de vérifier le calcul retenu plutôt que de l’accepter tel quel.La formule de l’allocation journalière
L’allocation journalière brute correspond au montant le plus élevé entre deux calculs : 40,4 % du salaire journalier de référence, augmentés d’une partie fixe — 13,18 € par jour dans les valeurs applicables depuis le 1er juillet 2025 ; ou 57 % du salaire journalier de référence. Deux bornes encadrent ce résultat. Un plancher : l’allocation ne peut être inférieure à un montant minimal, fixé à 32,13 € par jour dans les valeurs du 1er juillet 2025. Un plafond : elle ne peut excéder 75 % du salaire journalier de référence. Pour les rémunérations les plus faibles, c’est ce plafond de 75 % qui s’applique en pratique. Ces montants sont revalorisés périodiquement : vérifiez la valeur en vigueur au jour de votre ouverture de droits plutôt que de reprendre un chiffre lu ailleurs. De l’allocation brute sont retranchés les prélèvements sociaux — CSG et CRDS —, ainsi qu’une participation au titre de la retraite complémentaire. Le montant net versé est donc inférieur au montant calculé.Ce qui vient ensuite : durée, différés, dégressivité
Le montant journalier ne dit rien de trois éléments qui déterminent ce que vous percevrez réellement. La durée. Elle dépend de la durée d’affiliation et de l’âge. Le minimum est en principe de 182 jours, mais il est ramené à 152 jours pour un droit ouvert exclusivement au titre d’emplois saisonniers ou, depuis le 1er avril 2026, pour une personne sans droit ARE ouvert depuis au moins 20 ans qui bénéficie du seuil de cinq mois. À compter du 1er septembre 2026, une rupture conventionnelle individuelle dont la fin de contrat intervient à partir de cette date entraînera en outre des plafonds spécifiques de durée : 456 jours avant 55 ans et 624 jours à partir de 55 ans en métropole, avec possibilité de prolongation examinée au cas par cas pour les 55 ans et plus. Voir la durée d’indemnisation. La date du premier versement. Elle n’est jamais le lendemain de la fin du contrat : trois délais s’enchaînent, dont un qui dépend directement du montant de vos indemnités de rupture. Voir les différés d’indemnisation. La dégressivité. Au-delà d’un certain niveau d’allocation, le montant est réduit à partir du septième mois. Voir la dégressivité de l’allocation. S’y ajoutent deux mécanismes utiles lorsque la situation évolue : le cumul avec une activité reprise et le rechargement des droits.Vérifier son calcul plutôt que le subir
La notification d’ouverture de droits mentionne le salaire journalier de référence retenu, l’allocation journalière, la durée et les différés appliqués. Ces quatre chiffres se contrôlent, et une erreur sur l’un d’eux se répercute sur toute la période d’indemnisation. Les écarts proviennent le plus souvent de l’attestation employeur : périodes mal déclarées, primes omises, ventilation contestable des sommes versées à la rupture. Ce document est la source du calcul — c’est donc lui qu’il faut lire en premier, avant même la notification. Lorsqu’un désaccord apparaît, il se conteste, mais dans des délais. Et lorsque la rupture elle-même est en cours de discussion — une indemnité mal qualifiée, une transaction en préparation, un solde de tout compte incomplet — la question de l’indemnisation ne se règle pas séparément de celle du départ. C’est précisément le genre de situation où un examen à distance, sur pièces, permet de voir en une consultation ce qui peut encore être corrigé avant que les chiffres ne se figent.Le SJR ne suffit pas à lui seul pour connaître le montant versé. La règle générale reste 130 jours travaillés ou 910 heures. Depuis le 1er avril 2026, 108 jours ou 758 heures peuvent suffire pour les personnes sans droit ARE ouvert depuis au moins 20 ans, ainsi que dans le régime saisonnier. L’allocation est ensuite calculée à partir du salaire de référence ; les indemnités de rupture n’augmentent pas son montant et peuvent retarder le premier versement.
Reconstituer le calcul avant de comparer avec France Travail
- Contrôler la durée d’affiliation déclarée sur l’attestation employeur
- Vérifier que primes et part variable figurent dans les rémunérations retenues
- Repérer les périodes non travaillées qui abaissent le salaire de référence
- Comparer le salaire journalier de référence de la notification à ses bulletins
- Vérifier laquelle des deux formules a été appliquée
- Contrôler séparément la durée et les différés notifiés
SJR, montant journalier et plancher : les points qui prêtent à confusion
Combien de temps faut-il avoir travaillé ?
En principe 130 jours travaillés ou 910 heures, soit environ six mois. Depuis le 1er avril 2026, 108 jours ou 758 heures peuvent suffire si aucun droit ARE n’a été ouvert depuis au moins 20 ans ; le même seuil existe pour certains emplois saisonniers. La période de référence est de 24 mois, portée à 36 mois à partir de 55 ans.Mon indemnité de licenciement augmente-t-elle mon allocation ?
Non. Les indemnités de rupture n’entrent pas dans le salaire de référence. La part qui dépasse le minimum légal produit même l’effet inverse : elle allonge le différé avant le premier versement.Comment se calcule l’allocation journalière ?
On retient le montant le plus élevé entre 40,4 % du salaire journalier de référence augmentés d’une partie fixe, et 57 % de ce salaire. Le résultat ne peut dépasser 75 % du salaire de référence ni être inférieur au plancher.Les arrêts maladie réduisent-ils mon allocation ?
Ils peuvent l’affecter, car les périodes non travaillées comprises dans la période de référence pèsent sur le calcul. C’est un point à vérifier précisément sur la notification.Le montant annoncé est-il net ?
Non. L’allocation est calculée en brut, puis diminuée de la CSG, de la CRDS et d’une participation au titre de la retraite complémentaire.Sources officielles
- Unédic : allocation d’aide au retour à l’emploi
- Unédic : le salaire de référence
- France Travail : comment est calculé le montant de l’allocation
- France Travail : ouverture de droits avec cinq mois de travail depuis le 1er avril 2026
- France Travail : durée d’indemnisation et règles applicables en 2026