Démission

Démissionner pendant un arrêt maladie ou une grossesse

Rien n'interdit de démissionner pendant un arrêt de travail. Mais deux mécanismes distincts se croisent.

Mis à jour le 15 août 2026 · Lecture : environ 5 minutes

Démissionner pendant un arrêt maladie ou une grossesse
La question en pratique. Rien n’interdit de démissionner pendant un arrêt de travail ou une grossesse. Mais deux mécanismes distincts se croisent : le préavis, qui ne s’arrête pas toujours quand le contrat est suspendu, et la validité du consentement, qui se discute d’autant plus que l’état de santé est en cause.

Démissionner pendant un arrêt de travail

Un contrat suspendu reste un contrat : la démission est possible et produit ses effets normalement. Aucun texte ne l’interdit, et l’employeur ne peut pas s’y opposer.

La difficulté est ailleurs. Un arrêt maladie ordinaire ne suspend pas le préavis : celui-ci continue de courir pendant l’arrêt et se termine à la date prévue. Concrètement, le salarié ne travaille pas, ne perçoit pas son salaire de l’employeur pour cette période — il relève des indemnités journalières — et le préavis s’écoule quand même. Le contrat prend fin à son terme, sans report.

La règle s’inverse lorsque l’arrêt résulte d’un accident du travail ou d’une maladie professionnelle : la suspension du contrat produit alors des effets protecteurs particuliers. Certaines conventions collectives prévoient par ailleurs des règles plus favorables. Ce sont deux vérifications à faire avant d’écrire, pas après.

Quand l’état de santé rend la démission discutable

Une démission n’est valable que si la volonté de rompre est claire et non équivoque. Un état de santé dégradé n’annule pas cette volonté par principe, mais il nourrit la discussion lorsque deux éléments se rejoignent : une altération réelle du discernement, et un lien entre cet état et les conditions de travail.

Un salarié en arrêt pour épuisement qui démissionne dans les jours suivant un conflit avec sa hiérarchie n’est pas dans la même situation qu’un salarié en arrêt pour une fracture qui a trouvé un autre poste. Le premier cas ouvre une question sur le caractère équivoque de la démission ; le second n’en ouvre aucune.

Ce qui documente cette question se constitue au moment des faits, pas plus tard : arrêts de travail et leurs motifs, échanges avec la hiérarchie, alertes adressées à l’employeur, passages au service de santé au travail. La fiche sur la démission donnée sous le coup de l’émotion détaille ce qui permet de la remettre en cause, et la fiche sur la constitution d’un dossier de harcèlement moral explique comment tenir une chronologie utilisable.

La règle pratique tient en une phrase : ne pas démissionner depuis un arrêt de travail lié aux conditions de travail sans avoir fait examiner sa situation. D’autres voies existent, qui ne se referment que le jour où la démission est notifiée.

Grossesse : une dispense de préavis prévue par la loi

La salariée enceinte bénéficie d’un régime propre : elle peut rompre son contrat de travail sans avoir à respecter de préavis et sans devoir d’indemnité de rupture à ce titre. C’est une des rares dispenses légales de préavis en matière de démission.

Cette faculté ne suppose ni autorisation, ni motif. Elle s’exerce sur simple notification, et il est prudent de mentionner l’état de grossesse dans la lettre pour que la dispense soit incontestable.

À l’issue d’un congé de maternité

La salariée qui souhaite rompre son contrat pour élever son enfant peut également le faire sans préavis, à condition de respecter un délai de notification : la démission doit être annoncée à l’employeur soit au moins quinze jours avant l’expiration du congé de maternité, soit dans les deux mois suivant la naissance.

Ce régime n’est pas anodin dans ses effets : il est assorti, sous conditions, d’une priorité de réembauche dans l’entreprise pendant une période suivant la rupture. C’est une différence notable avec une démission ordinaire, qui ne laisse aucun droit de retour.

Là encore, la forme compte : notifiez par écrit, datez, et conservez la preuve de remise. Le respect du délai conditionne la dispense de préavis.

À retenir. Un arrêt maladie ordinaire ne repousse pas la fin du préavis. La salariée enceinte est dispensée de préavis par la loi. Et une démission écrite depuis un arrêt de travail lié au travail lui-même mérite d’être examinée avant d’être envoyée : c’est le seul moment où toutes les options restent ouvertes.

Les vérifications à faire

  • Distinguer arrêt d’origine professionnelle et arrêt ordinaire
  • Vérifier si la convention collective suspend le préavis en cas d’arrêt
  • Calculer la date de fin de préavis en tenant compte de l’arrêt
  • Mentionner l’état de grossesse dans la lettre pour asseoir la dispense
  • Respecter le délai de notification à l’issue du congé de maternité
  • Conserver arrêts, échanges et alertes datés avant toute décision

Questions fréquentes

Peut-on démissionner pendant un arrêt maladie ?

Oui. La suspension du contrat n’interdit pas la démission et l’employeur ne peut pas s’y opposer. La question à anticiper est celle du préavis, qui continue en principe de courir.

Le préavis est-il repoussé par un arrêt de travail ?

Non pour un arrêt maladie ordinaire : il continue de courir et le contrat prend fin à la date prévue. Les arrêts d’origine professionnelle et certaines conventions collectives obéissent à des règles différentes.

Suis-je payé pendant un préavis passé en arrêt ?

L’employeur ne verse pas le salaire pour une période non travaillée en raison d’un arrêt maladie ordinaire. Vous relevez des indemnités journalières, et le cas échéant du maintien de salaire prévu par votre convention collective.

Une salariée enceinte doit-elle exécuter un préavis ?

Non. La loi la dispense de préavis et elle ne doit aucune indemnité à ce titre. Il est prudent de mentionner la grossesse dans la lettre.

Puis-je démissionner à la fin de mon congé maternité ?

Oui, pour élever votre enfant, sans préavis, à condition de notifier au moins quinze jours avant la fin du congé ou dans les deux mois suivant la naissance. Ce régime ouvre, sous conditions, une priorité de réembauche.

Sources officielles

Chaque dossier a ses propres règles

Convention collective, ancienneté, chronologie des faits : les mêmes événements n'appellent pas toujours la même réponse. Les fiches ci-dessous éclairent les questions voisines.

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