SMIC revalorisé en juin 2026 : que faire si le minimum conventionnel est inférieur ?
Depuis le 1er juin 2026, le SMIC brut horaire est fixé à 12,31 €. Un minimum conventionnel inférieur ne permet pas à l’employeur de payer en dessous du SMIC.
Depuis le 1er juin 2026, le SMIC brut horaire est fixé à 12,31 €, soit 1 867,02 € brut par mois sur la base de 35 heures hebdomadaires. Une difficulté apparaît lorsque la grille de la convention collective n’a pas encore été réévaluée et affiche un minimum inférieur.
Dans cette situation, l’employeur ne peut pas se retrancher derrière la grille conventionnelle pour payer le salarié en dessous du SMIC applicable.
Le SMIC constitue un minimum légal
Le ministère du Travail rappelle que le salaire minimum de croissance est le salaire horaire en dessous duquel il est interdit de rémunérer un salarié, quelle que soit la forme de sa rémunération.
Une convention collective ne peut donc pas autoriser un salaire inférieur au minimum légal en vigueur.
Si le minimum conventionnel est inférieur, le SMIC l’emporte
Après une revalorisation du SMIC, certaines grilles conventionnelles peuvent temporairement comporter des coefficients dont le montant est devenu inférieur au minimum légal. L’employeur doit alors assurer au salarié au moins le niveau du SMIC.
Il n’est pas nécessaire d’attendre la prochaine négociation de branche pour appliquer le nouveau minimum légal.
Si le minimum conventionnel est supérieur, il doit être respecté
La comparaison fonctionne dans l’autre sens également. Lorsqu’une convention collective prévoit, pour la classification du salarié, un minimum supérieur au SMIC, l’employeur doit respecter ce minimum conventionnel.
Il faut donc vérifier deux montants : le SMIC en vigueur et le minimum correspondant au coefficient ou au niveau réellement applicable au salarié.
Une mauvaise classification peut fausser toute la comparaison
Avant de conclure à une insuffisance de salaire, il faut vérifier la classification figurant sur le bulletin de paie et la comparer aux fonctions réellement exercées lorsque la convention collective le prévoit.
Un salarié peut être payé au-dessus du SMIC tout en restant en dessous du minimum conventionnel correspondant à sa véritable classification.
Le salaire mensuel doit être vérifié avec la durée de travail réelle
Le montant mensuel de 1 867,02 € correspond à la durée légale de 35 heures hebdomadaires dans le cas général. Pour un temps partiel ou une durée différente, la comparaison doit être adaptée.
Les heures supplémentaires ou complémentaires doivent également être examinées séparément selon les règles qui leur sont applicables.
Que faire si le bulletin reste calculé sur l’ancien SMIC ?
Une erreur peut venir d’un paramétrage de paie non mis à jour. Le salarié peut commencer par demander une régularisation en identifiant précisément le mois concerné, le taux horaire appliqué et le taux qui aurait dû être utilisé. La méthode de demande de correction est détaillée dans notre fiche sur l’erreur de fiche de paie.
Notre dossier sur la paie, les retenues et les remboursements permet de replacer cette vérification dans l’ensemble des anomalies pouvant apparaître sur un bulletin.
Une régularisation doit corriger le paiement, pas seulement le bulletin
Si l’erreur a réduit le montant effectivement versé, l’édition d’un bulletin rectificatif ne suffit pas : la différence de salaire doit également être payée.
Il est utile de vérifier le virement bancaire et le nouveau bulletin afin de s’assurer que la régularisation correspond bien à la période et au montant concernés.
La hausse du SMIC modifie-t-elle automatiquement tous les salaires ?
Non. La revalorisation garantit que personne ne soit rémunéré sous le minimum légal, mais elle n’impose pas automatiquement la même hausse à tous les salaires situés au-dessus du SMIC.
Une augmentation supplémentaire peut en revanche résulter d’une convention collective, d’un accord, d’une décision de l’employeur ou d’un mécanisme contractuel.
Quels documents comparer ?
Pour vérifier sa situation, le salarié peut rapprocher son bulletin de paie de son contrat, de son éventuel avenant et de la grille conventionnelle correspondant à sa classification. Il faut également identifier la durée de travail rémunérée et la période exacte du bulletin.
Cette méthode permet de distinguer une erreur liée au nouveau SMIC d’un problème de classification ou de durée de travail.