Salaire dans une offre d’emploi en 2026 : est-il déjà obligatoire ?

Situation au 22 août 2026. En France, indiquer le salaire dans une offre d’emploi n’est pas encore une obligation générale. La directive européenne sur la transparence des rémunérations devait être transposée au plus tard le 7 juin 2026, mais les sources officielles françaises présentent encore cette transposition comme en cours.
La confusion est compréhensible : la directive (UE) 2023/970 prévoit bien que le candidat reçoive une information sur la rémunération initiale ou sur une fourchette de rémunération. Mais tant que la transposition française n’est pas achevée, il faut distinguer ce que le droit français impose déjà de ce qui va changer.
En août 2026, le salaire n’est pas encore une mention obligatoire de toutes les offres
Service-Public rappelle que l’offre d’emploi doit respecter plusieurs règles : elle ne peut pas comporter d’allégations fausses, de critères discriminatoires ou certaines mentions interdites, et elle doit notamment indiquer sa date de publication. En revanche, l’indication du salaire et des compléments de rémunération n’est pas encore une obligation générale.
Un employeur peut donc encore publier une offre sans montant précis, sous réserve des règles particulières qui pourraient résulter d’un secteur, d’un accord collectif ou d’un engagement propre à l’entreprise. Cela ne signifie pas que le salaire pourra rester opaque indéfiniment : la réforme européenne modifie précisément cette logique.
Ce que prévoit la directive européenne
L’article 5 de la directive 2023/970 prévoit que le candidat a le droit de recevoir une information sur la rémunération initiale ou sur une fourchette de rémunération initiale correspondant au poste. Cette information doit être communiquée suffisamment tôt pour permettre une négociation éclairée et transparente.
La directive cite plusieurs façons possibles de transmettre cette information : dans une offre publiée, avant l’entretien d’embauche ou par une autre modalité. La forme exacte qui s’imposera en France dépendra donc du texte de transposition.
Il est plus exact d’écrire que la rémunération devra être communiquée avant que la négociation ne soit engagée à l’aveugle que d’affirmer, dès maintenant, que toutes les annonces françaises doivent déjà afficher un salaire.
Fourchette de salaire : que devra-t-elle permettre de comprendre ?
La directive vise une rémunération initiale ou une fourchette fondée sur des critères objectifs et non sexistes. Une fourchette très large, sans rapport avec le poste réellement proposé, pourrait donc poser une question différente d’une plage de rémunération construite à partir de la classification, de l’expérience ou des responsabilités attendues.
La rémunération ne se résume d’ailleurs pas toujours au salaire fixe. Selon le poste, elle peut comprendre une part variable, des primes ou d’autres avantages. L’objectif de transparence consiste à permettre au candidat de comprendre suffisamment tôt la base sur laquelle la discussion va se tenir.
La directive ne se limite pas aux offres d’emploi
La réforme touche également le déroulement du recrutement. Elle prévoit notamment que l’employeur ne demande pas au candidat son historique de rémunération. Sur ce point, le droit français est déjà plus protecteur qu’on ne le pense : la CNIL considère que la collecte du montant des salaires passés à l’initiative du recruteur n’est pas justifiée pour apprécier l’aptitude au poste.
Cette question est détaillée dans l’article consacré au fait de demander le salaire actuel ou l’ancien salaire pendant un recrutement.
Pourquoi la date du 7 juin 2026 ne suffit-elle pas à rendre la directive automatiquement applicable ?
Une directive européenne fixe un résultat que les États membres doivent atteindre, mais elle doit en principe être transposée en droit national. Le dépassement de la date de transposition ne permet donc pas de présenter mécaniquement toutes ses obligations comme si elles figuraient déjà, à l’identique, dans le Code du travail français.
Au 22 août 2026, Service-Public indique toujours que la transposition est en cours. Le Sénat a également publié en juin une réponse ministérielle confirmant que les travaux de transposition n’étaient pas achevés.
Pour un candidat, le bon réflexe consiste donc à dater l’information lue en ligne. Un article publié avant ou autour du 7 juin 2026 peut annoncer une obligation future comme si elle était déjà entrée en vigueur.
Que peut faire un candidat lorsqu’aucune rémunération n’est indiquée ?
Il peut demander la fourchette prévue pour le poste avant d’entrer dans une négociation détaillée. Cette demande n’est pas une contestation juridique : elle permet simplement de vérifier si le poste et le budget sont compatibles.
Une formulation factuelle suffit : demander quelle plage de rémunération a été définie pour le poste, si elle comprend ou non la part variable et quels éléments peuvent la faire évoluer. Le candidat peut ainsi discuter du poste sur sa valeur propre plutôt qu’à partir de sa rémunération précédente.
Lorsque le recrutement utilise en parallèle un outil de tri ou de classement automatisé, d’autres droits s’appliquent déjà. L’article sur le recrutement automatisé et l’évaluation algorithmique des candidatures permet de distinguer ces deux sujets.
Et après l’embauche ?
La directive prévoit également des droits d’information pour les salariés. Ils ne correspondent pas à un accès nominatif à la paie de chaque collègue. Le mécanisme porte notamment sur le niveau de rémunération individuel et sur des niveaux moyens de rémunération, ventilés par sexe, pour des catégories de travailleurs accomplissant un même travail ou un travail de même valeur.
Cette distinction est expliquée dans l’article consacré à la question : la transparence salariale permettra-t-elle de connaître le salaire de ses collègues ?
À retenir en août 2026
- le salaire n’est pas encore une mention obligatoire de toutes les offres d’emploi françaises ;
- la directive 2023/970 prévoit une information sur la rémunération initiale ou une fourchette suffisamment tôt avant la négociation ;
- la transposition française est encore présentée comme en cours par les sources officielles ;
- il faut donc distinguer le droit applicable aujourd’hui des obligations qui entreront en vigueur avec la transposition ;
- une offre peut être juridiquement valable sans afficher de salaire, mais le candidat peut naturellement demander la fourchette prévue pour le poste.